La Cour d’appel d’Orléans confirme le « préjudice d’anxiété et de bouleversement de la qualité de vie » des anciens salariés d’Everite ayant travaillé plusieurs années au contact de l’amiante mais n’ayant pas encore développé de maladie.

La Cour a estimé  que « la sévérité et la gravité des affections liées à l’amiante, qui sont parfaitement connues, la probabilité avérée de développer une de ces pathologies et la connaissance de leur issue, et particulièrement du taux de mortalité, qui affecte l’espérance de vie, sont indiscutablement la cause pour le salarié, qui se sait contaminé par l’inhalation d’amiante, d’une angoisse et d’une inquiétude permanente de déclarer à tout moment et à plus ou moins brève échéance une telle maladie et de devoir y faire face« .

Puis conclue que « la conscience de ce que son espérance de vie se trouve hypothéquée par ce risque induit nécessairement un bouleversement dans les conditions d’existence en ce qu’elle affecte notamment les projets de vie et d’avenir« .

Il paraît ici pertinent de savoir que les maladies liées à l’exposition de produits amiantés peuvent se déclarer 20 ou 30 ans après. Ce qui pourrait justifier la position de la Cour d’appel et l’angoisse que peuvent subir ces salariés ayant été au contact de l’amiante.

En première instance, le Conseil des prud’hommes de Tours avait octroyé dans un arrêt rendu le 26 mai 2014 une somme de 16.000 euros de dommages et intérêts aux salariés victimes. Somme revue à la baisse en appel.