La réforme de la certification, les diagnostiqueurs globalement favorables à ce projet

La Chambre des Diagnostiqueurs Immobiliers FNAIM et la FIDI (Fédération interprofessionnelle du diagnostic immobilier) avaient déjà clairement exprimé leur satisfaction par rapport à la réforme de la certification du diagnostic immobilier. Une récente étude menée par Diagactu va dans le même sens avec 64 % de professionnels plutôt satisfaits.

Une réforme globalement bien accueillie

L’enquête initiée par Diagactu courant mars 2017 a permis de recueillir l’avis de 464 gérants d’entreprises de diagnostics immobiliers. Le projet d’arrêté portant sur la nouvelle certification a été accueilli favorablement par 64 % d’entre eux. Les professionnels craignent néanmoins une certaine lourdeur par rapport au dispositif actuel. Par contre, cette réforme devrait permettre de valoriser le travail des diagnostiqueurs qui exercent leur métier de manière responsable.

Des mesures plus ou moins bien accueillies

Même si cette réforme correspond globalement bien aux attentes du secteur, la majorité des professionnels n’adhère pas au projet dans sa totalité. Certains points de la réforme ont été mieux accueillis que d’autres. La mesure la plus populaire est bien sûr l’allongement du cycle de certification à 7 ans au lieu de 5 ans actuellement. Le possible allègement des conditions de recertification correspond également à une attente exprimée de longue date par les diagnostiqueurs. Ceux-ci sont d’ailleurs souvent opposés au principe même de la recertification.
Une inquiétude sur les coûts

Un point important de la réforme concerne le renforcement des formations obligatoires. Les professionnels craignent de voir exploser leur budget formation. Chaque diagnostiqueur devra suivre une formation de 2 jours au cours d’un cycle pour chaque domaine de compétences. Cette mesure ne semble pas forcément justifiée pour les domaines où les techniques et les réglementations évoluent peu. Le rallongement de la durée de certification risque d’aboutir à un accroissement des charges et une gestion plus lourde, ce qui annulerait totalement le bénéfice de la réforme.
Une véritable aubaine pour les organismes de certification et de formation

Les organismes de certification et de formation sont souvent critiqués par les diagnostiqueurs. Ceux-ci les soupçonnent d’avoir œuvré pour obtenir une réforme qui leur est très favorable. Les formations et contrôles obligatoires pourraient se révéler très lucratifs pour les centres de formation et de certification, sans toutefois que le niveau de compétences des diagnostiqueurs s’en trouve amélioré. Pour beaucoup de professionnels, une formation continue annuelle obligatoire et qualifiante serait suffisante, en lieu et place du processus de certification et recertification. Celui-ci reste perçu comme très lourd, tant sur le plan humain que financier.

Plus de contrôle pour plus de coûts ?

Le contrôle sur ouvrage global est l’une des nouveautés de cette réforme, sans que la question de son coût ait été abordée concrètement. Certains avancent le chiffre de plusieurs milliers d’euros car ce nouveau contrôle portera sur les 6 domaines de compétences. Dans certains cas, cette mesure semble difficile à mettre en oeuvre sur le plan technique : chantiers de démolition, installations de gaz dangereuses. Il faudra, dans tous les cas, que l’examinateur se déplace plusieurs fois pour pouvoir valider l’ensemble des compétences.
Des professionnels souvent déçus ou résignés

Cette réforme de la certification, si elle semblait nécessaire à tous, ne semble pas avoir totalement convaincu par rapport à ce qui était son objectif principal : plus de simplicité. Son impact économique sur la filière reste encore à déterminer, notamment sur les petites structures indépendantes. Le fossé semble par ailleurs se creuser entre professionnels du terrain qui ont souvent le sentiment de n’être pas assez écoutés et organisations représentatives de la profession, qui ont participé à la concertation sur cette réforme. De nouvelles associations représentatives comme la LDI (Les Diagnostiqueurs indépendants) pourraient voir leur audience renforcée. Jongler entre les évolutions de la réglementation, des coûts sans cesse tirés vers le bas et devoir de plus gérer des absences répétées pour formation va avoir un impact certain sur l’existence même de certains cabinets de diagnostiqueurs.

Une réforme qui ne fait toujours pas l’unanimité

Si les professionnels interrogés dans le cadre de l’étude menée par Diagactu sont majoritairement plutôt favorables à la réforme, des voix continuent de s’élever pour la critiquer ouvertement. C’est le cas de la Confédération Nationale du Diagnostic Immobilier qui s’était montrée très hostile à ce projet dès le début de sa mise en oeuvre. La LDI ne mâche pas non plus ses mots en dénonçant le manque d’indépendance des organismes de certification et leur pouvoir sur l’activité des diagnostiqueurs. Ceux-ci étant entièrement tributaires de l’attribution ou non des recertifications.

Quoi qu'il en soit, les diagnostiqueurs devront s'habituer très vite au nouveau dispositif de certification. La publication de l'arrêté définitif est prévue avant les élections du mois de mai pour une entrée en vigueur en deux temps : juillet 2017 pour la certification des organismes de formation et janvier 2018 pour la certification des diagnostiqueurs.